Note d'Intention

Cet article va parler de la biologie des différentes Lignées. Donc notamment de leur reproduction.
Il parait donc important de mettre l'accent sur un point : la notion de genre, ie le rôle social et les comportements attribués à un individu selon son sexe (ici le mot doit être compris comme "type d'organes génitaux"), n'existe pas sur Kiwandoto.
C'est d'abord et avant tout une intention de l'auteur. ESPRI se veut être un jeu inclusif, donc libéré du sexisme, voire anti-sexiste. Il me semblait important de présenter des sociétés différentes au milieu des univers, post-apo ou autre, patriarcaux.

Historiquement, les Nymphes, à travers les Gardiens et Prêtresses, ont toujours veillés à ce que le genre n'apparaisse pas. Pour ce faire, les Quatuor ont maintenu que le sexe ("organes génitaux") d'une personne n'est pas un marqueur d'identité. En s'appuyant sur le fait que, sur un monde où des individus peuvent se reproduire avec tous les autres, d'autres peuvent changer de sexe ("gamètes produites") à volonté, d'autres n'ont qu'un type de gamète, pas d'organes sexuels, etc, l'identité liée au sexe, donc la construction de genre au-delà de cela, ne fait pas très sens.

Suite à la Rupture, on trouve comme organisation sociale des groupuscules axés sur la survie (donc la mobilisation totale de chaque individu), difficile de mettre des stéréotypes en place dans ces conditions.

La notion d'hétéro/homosexualité sur Kiwandoto sera abordée en détail dans la Vie Quotidienne. En gros, les gens s'en cognent.

 

Bien évidemment, il s'agit d'une tendance générale, et il est tout à fait possible que des groupes très isolés, constitués d'une seule Lignée ou de Lignées avec des attributs sexuels relativement proches, ai pu développer une notion de genre et du sexisme. Cela restera une exception sur Kiwandoto.

De la même façon, cette partie n'ayant pas un but d'exhaustivité médicale, on parlera, lorsque cela sera le cas, des tendances générales du dimorphisme sexuel. On se place ici en effet au niveau de la Lignée, pas de l'individu. Cela n'empêche pas les cas particuliers et ne nie pas le continuum (ex : "le cœur est légèrement déporté à gauche", cela n'empêche pas l'existence de personnes où cela est le contraire).

Humains

Les Humains sont des Grands Singes ayant une stature verticale parfaite et permanente. Cette posture debout leur a donné des jambes longues comme la moitié du corps, leur permettant de courir sur de très grandes distances, à défaut d'être aussi à l'aise pour l'escalade que leurs cousins. Leurs bras sont plus faibles que ceux des autres Grands Singes, mais leur offre une très bonne coordination oeil/bras, utile tant pour la chasse que pour la manipulation fine des outils.

Iels parlent et se nourrissent par la bouche, et sont quasiment insensibles aux communications par phéromones. Deux yeux, deux oreilles et un nez tous situés sur la tête, portant leur cheveux, constituent des organes des sens et des moyens de reconnaissance faciale.

Leur absence de fourrure leur permet de transpirer abondamment, aussi ils supportent bien les fortes chaleurs. En revanche, iels doivent recourir à des vêtements pour supporter le froid et les agressions du terrain (rochers, épines, tempête de sable...).

Toutefois, les Humains n'ont pas d'environnement de préférence marqué, ils adaptent assez facilement leur équipement de survie aux nécessités locales.

 

Cette faculté d'adaptation, ainsi que leur grande aisance sociale et leur capacité à se reproduire avec n'importe quelle autre Lignée, font des Humains une Lignée particulièrement abondante et bien répartie. Les Humains sont indifféremment nomades ou sédentaires. De manière générale, ils vivent avec leur partenaire exclusif ou privilégié. Les Humains s'adonnent en effet à la sexualité de façon très fréquente, y compris dans un but non-reproductif. D'où leur réputation de séducteurs. Après une gestation de neuf mois, les nouveaux-nés ont besoin d'une attention complète pendant encore au moins un an, puis gagne lentement en autonomie. Les juvéniles sont exclusivement allaités pendant au moins un an, puis cette proportion baisse lentement. Un couple d'humain peut avoir un enfant par an environ, les soins aux jeunes étant prodigués de façon équitable.

 

Leur capacité de concentration relativement faible au regard d'autres Lignées, associée à leur soif de nouveauté et leur élocution plutôt variée et complexe, aussi bien auditive que visuelle, fait des Humains une Lignée très sociable, ouverte à des nouveaux individus comme à de nouvelles idées, mais aussi corruptible, manipulatrice, avec une forte propension à agir sans réfléchir.

 

Le dimorphisme sexuel est assez marqué, les mâles ayant une pilosité plus abondante, notamment au niveau du visage, et une stature un peu plus haute (1m70-75), que les femelles (1m60-65). Celles-ci ont une paire de mamelles développé, ainsi que des hanches marquées. La répartition mâles/femelles est équitable. Les Humains ont une apparence assez diversifiée, leur peau pouvant être d'une blancheur diaphane à quasiment noire, en suivant une gamme de marrons. Leur yeux sont également marrons, avec des variantes bleues ou vertes, tandis que leurs cheveux vont de lisses à crépu, blond, bruns, noirs ou roux.

Sauriens

Les Sauriens sont une Lignée à la diversité morphologique impressionnante. En effet, les Sauriens peuvent avoir une apparence issue de n'importe quel Squamate ou Crocodilien, y compris donc les Ophidiens, Amphisbènes et autres clades dépourvus de membres. Les Sauriens ont cependant tous deux paires de pattes (bras et jambes).

Morphologiquement, les Sauriens se tiennent sur leurs pattes arrières, avec la queue servant de balancier. La posture n'est en effet pas vraiment verticale, mais penchée vers l'avant, la tête surélevée par un coup de trente à quarante centimètres sur un corps plutôt large et court. Ceci dit, même avec cette posture verticale incomplète, les Sauriens sont assez grands, dépassant fréquemment les 1m80, et donc les 2m entre les deux extrémités.

Il n'est pas rare pour eux de passer à une posture à quatre pattes pour les pointes de vitesse. Leur quatre membres sont de taille et force similaire, ce qui en fait de bons athlètes, à l'aise pour l'escalade ou la nage, moins pour les sauts.

Leur corps est recouvert d'écailles de kératine, qui les protègent relativement bien des agressions climatiques, et sont régulièrement renouvelées, les plus anciennes et abimées desquamant pour laisser la place à de nouvelles, plus souples.

Leurs mains ont cinq doigts assez courts, ce qui conjugué aux écailles faiblement innervées de leur peau, en fait une Lignée assez malhabile. Leur tête porte trois yeux, deux ouïes très petites, une grande bouche servant à l'alimentation et la parole, et deux narines.

S'iels ont un sens du toucher et une ouïe assez faibles, voire souvent absente, les Sauriens compensent par une forte sensibilité aux vibrations du sols et un odorat/goût particulièrement sensible. Iels peuvent capter les phéromones, bien qu'eux-mêmes en émettent peu. Le troisième œil, situé au milieu du front, leur permet de distinguer les couleurs même dans de faibles conditions de luminosité.

 

Si ces caractéristiques font des Sauriens de bons chasseurs et des êtres endurants aux conditions climatiques, il faut malheureusement noter qu'ils sont plus à l'aise lorsqu'il qu'il fait chaud, leur endothermie étant imparfaite. Par ailleurs, les Sauriens ont besoin d'humidité, pour maintenir leur peau en état et pour la reproduction. Les Sauriens sont donc plutôt sédentaires, tirant profit de masses d'eaux permanentes (rivière, lac, marécage, mangrove...), dont la maintenance est capitale pour eux. Iels apprécient également les zones rocheuses pour se chauffer au réveil. Leur digestion est également relativement longue, car ne possédant pas de dents, la nourriture avalées telle quelle doit être lentement digérée par de puissant sucs gastriques. Un repas par jour voire tous les deux jours est suffisant dans la plupart des cas, mais conséquent, avant de dormir.

 

Le manque d'expression faciale, associé à des exigences environnementales assez fortes, leur donne une réputation de créatures froides et distantes, appréciant peu la compagnie d'autres individus. Leur communication comporte cependant une bonne part de gestuelle, ainsi que des variations de couleurs de leur peau, malheureusement peu visibles pour beaucoup de Lignées.

 

Les femelles Sauriens ont tendance à être plus grandes et plus fortes que les mâles. Elles sont aussi moins nombreuse, environ une femelle pour 2 à 5 mâles. Leur reproduction est ovovivipare : les œufs incubent et éclosent dans le corps de la femelle, qui donne alors naissance à autant de petits que de mâles qui l'ont fécondée. Pendant une bonne partie de la gestation, la femelle doit rester immergée, et a de grosses difficultés pour se mouvoir. Aussi, l'ensemble des mâles ayant participé à la fécondation doit prendre soin de celle-ci : maintient de la zone humide, alimentation, protection...Et pas question de manquer à ses devoirs, car la femelle Squamate sait quel œuf, donc quel juvénile, à été fécondé par quel mâle. Aussi, si le père est démissionnaire ou particulièrement mauvais dans son rôle, sa progéniture sera purement et simplement avortée, ce qui jettera la honte sur lui. Si chaque père se voit remettre "son" enfant en mains propres, les jeunes sont en fait rapidement autonomes, et n'ont besoin que de peu d'éducation, d'ailleurs généralement collective avec les membres de sa protée, avec l'ensemble des parents. Les Sauriens se reproduisent une fois tous les 4 à 5 ans environ.

 

Les Sauriens ont donc une apparence très variée, leur peau ayant une gamme de teintes quasi illimitée, mais également des formes d'écailles très diversifiées. Leur queue peut être longue, fine, plate, épaisse, courte. Certains portent des épines sur le dos, d'autres des collerettes.

Tengus

Les Tengus sont issus des Oiseaux, mais si on peut reconnaître chez eux à peu près n'importe quelle espèce de ce clade, leur morphologie est plutôt homogène.

Les Tengus ont une posture verticale complète, pour une taille allant de 1m60 pour celleux tenant du passereau à 1m90 pour les individus proche des condors et albatros. Leurs jambes font un à deux tiers de leur taille, d'un type dépendant là-aussi de leur espèce de référence. Le cou est toujours en revanche de taille comparable à celui des Humains, même pour ceux issus d'échassiers et vautours. Leur corps est couvert de plumes, qui forment des ailes sous les bras. Leurs os ont également une très faible densité.

 

Ainsi, les Tengus sont capables de planer, mais pas de prendre leur envol d'eux-mêmes. A noter que leurs mains étant sur les ailes, toute activité manuelle leur est impossible lorsqu'ils sont dans les airs. Ceci mis à part, leur légèreté leur donne quelques facilités athlétiques, notamment pour tout ce qui est course, saut et escalade, mais la natation leur pose souvent problème, les plumes gonflant facilement. Les Tengus ont deux yeux extrêmement performants, un bec portant deux narines pour un goût/odorat assez faible, et une ouïe correcte. Iels sont assez habiles de leurs mains, leur bec pouvant même à l'occasion servir d'appoint, et leurs plumes sont sensibles au toucher, ce qui leur permet de percevoir très finement les mouvement d'air. Par contre, les Tengus sont assez fragiles physiquement, avec forte sensibilité à la douleur et aux fractures. En revanche, leurs poumons spécifiques avec longue surface d'échange gazeux leur donne une très bonne endurance.

 

Etant endothermes et capables de se déplacer facilement, iels n'ont pas de grosses contraintes environnementales. Toutefois, les zones rocheuses et montagneuses ont leur préférence, car fournissent des promontoire et pistes d'envol idéales pour les individus sédentaires, ainsi que les cailloux nécessaires à leur gésier, pour écraser la nourriture. Pour les nomades, leur grande facilité à faire du repérage de terrain dès lors qu'une possibilité d'envol est trouvée est particulièrement appréciée. Les Tengus issus d'oiseaux pêcheurs ou nageurs ont souvent les pieds palmés et un plumage hydromorphe, ce qui leur permet de se déplacer plus aisément dans et sur l'eau.

 

Les Tengus ont une communication verbale très riche et complexe, avec de nombreuses intonations et sons possibles, en plus d'un langage corporel très expressif grâce aux mouvements des plumes. Cela compense largement le manque d'expressions faciales, et leur donne une réputation d'être très sociables et adaptables. On les qualifie également souvent de prudent, ce qui est cohérent avec leurs capacités physiques : repérer, rester loin, faible résistance aux chocs.

 

Les mâles Tengus ont un plumage bien plus coloré et bariolé que celui des femelles, et il s'agit là de leur seul dimorphisme sexuel. Les Tengus forment des couples exclusif et à vie. La femelle pond des œufs dans un nid confectionné à deux. Les parents se relaient pour couver les œufs et nourrir aussi bien le parent au nid que les petits, de façon équitable. Les juvéniles naissent en effet incapables de bouger ou de s'alimenter seuls pendant plusieurs mois. Un couple de Tengus fait une ponte de 1 à 5 œufs tous les 3-4 ans.

Faunes

Les Faunes sont issus des Ruminants, aussi bien Caprins qu'Ovins, Bovins, Cervidés ou même Girafidés. Ces différences se voient essentiellement dans le pelage qu'iel aborent et le type de leurs cornes/bois, mais aussi dans leur stature. Les Faunes ont en effet une énorme diversité en termes de types physiques, de corps petits et graciles, extrêmement rapides et agiles dépassant à peine le 1m50 à des mastodontes de 2m sur 90cm de large, à la robustesse et à la force démesurées. Tous possèdent les trois estomacs des Ruminants, et sont donc capables de digérer la cellulose, un atout indéniable en cas de disette.

 

Les Faunes se tiennent bien droit, mais leurs jambes, terminées par des sabots sont en revanche toujours légèrement fléchies, prêtes à s'élancer. Cela va de pair avec leurs sens particulièrement affûtés : une ouïe performante grâce à des oreilles longues et mobiles, des grands yeux placés légèrement sur les côtés pour améliorer la vision périphérique sans diminuer la vision de face, un cou très mobile, un odorat fin capable de percevoir les phéromones, et un sommeil particulièrement léger. Les Faunes sont difficiles à surprendre et très réactifs. Cela fait partie de leur réputation d'êtres méfiants et craintifs. Disons qu'iels perçoivent les choses avec une finesse et une précision que les autres n'ont pas. Il vaut mieux car leur endurance est généralement inférieure à celle de beaucoup de prédateurs, un départ rapide est une solution efficace pour mettre de suite une bonne distance. Leurs muscles est leurs sens sont toujours en alerte, jamais vraiment totalement au repos. Concrètement, le repos est désynchronisé, permettant à chaque membre de se reposer quand d'autres sont en activité.

 

Les mains des Faunes n'ont que quatre doigts, la dernière phalange étant quasiment entièrement couverte par un ongle très épais et dur, laissant juste une petit zone sensible. Ils n'en sont pas pour autant malhabiles, et ces ongles massifs peuvent leur être utiles pour chercher des tubercules comestibles par exemple. Les Faunes ont un visage plutôt allongé, la bouche et le nez étant au bas de celui-ci et les oreilles ainsi que les cornes ou bois à son sommet. Leur pelage est potentiellement un atout ou un handicap contre les variations de températures, selon le type qu'iels arborent. Les pelages très ras ne sont pas problématiques en cas de fortes chaleurs.

 

Les Faunes ayant une morphologie très spécialisée, leur tendance est à la vie en groupe relativement conséquent. Aussi, on en verra dans des communautés assez nombreuses (20 à 30 personnes minimum), où chaque individu peut avoir un nombre restreint de tâches, adaptées à son corps et ses compétences. Leurs capacités de communications sont également élevées : expressions faciales, verbales, gestuelles, phéromones, facilitant leur intégration et leur conférant une grande sociabilité.

 

Les Faunes ont une répartition mâles/femelles très disproportionnée, avec un mâle pour une dizaine de femelles au minimum. Ceux-ci sont généralement plus grands, et portent des cornes ou bois plus massifs que les femelles. Les jeunes naissent au bout de quelques mois, et s'il sont rapidement mobiles, sont allaités pendant plusieurs mois (les mamelles étant entre les jambes de la mère). Une femelle Faune peut rester des années sans un rapport sexuel, ne cherchant à en obtenir un que si un mâle est disponible. Il est également possible qu'elles puissent contrôler leurs ovulations.

Myrmes

Les Myrmes sont des Hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis bourdons et frelons), mesurant au maximum 1m65 redressés. En général, iels apparaissent plus petits, car leur stature verticale est imparfaite, comme pour les Sauriens. Par rapport aux Hyménoptères de référence, le volume de leur abdomen est réduit de 10 à 20%, tandis que le thorax est plus volumineux et long dans ces mêmes proportions. Leur tête est redressée pour correspondre à cette posture.

L'insertion des pattes est quelques peu déplacée pour ne pas être directement sous le thorax mais sur les côtés, donnant plus de liberté de mouvement. Leurs pattes arrières sont allongées et épaissies afin de supporter le poids de leur corps, en balancier avec l'abdomen. Les pattes avant dans des proportions similaires et sont adaptées à la manipulation des objets.

La grande différence se situe sur les pattes intermédiaires. Là où les Hyménoptères classiques possèdent moult outils (scies, crochets, écouvillons...) répartis sur leurs trois paires de pattes, les Myrmes ont tout ceci concentré dans leurs pattes centrales, généralement repliées autour de la jonction thorax/abdomen, comme une ceinture d'outils.

Les Myrmes n'ont par ailleurs pas d'ailes. A noter que leur chaine nerveuse (équivalent de la colonne vertébrale) se situe sur la face ventrale, tandis que les gros vaisseaux de l'hémolymphe sont sur la face dorsale, comme chez tous les Arthropodes.

 

Sur leur tête les Myrmes ont deux grands yeux à facettes qui leur permettent de voir dans toutes les directions ou presque autour d'iels, mais sans tourner la tête. En effet, leur cou n'est pas mobile. Iels sont cependant rarement concentrées sur l'ensemble des directions à la fois. Selon les individus (et leur espèce de référence), ces deux yeux à facettes sont complétés ou pas par 1 à 3 ocelles (yeux simples) au milieux du front. Leurs antennes leur permettent d'entendre et de communiquer par phéromones. Leur corps est recouvert de petits poils assurant un sens du toucher convenable sur les pattes avant et antennes, peu développé ailleurs.

 

Les Myrmes utilisent leur bouche pour se nourrir uniquement. La respiration se fait par des stigmates, répartis sur tout le corps bien que concentrés sur l'abdomen. Le contrôle de ces stigmates leur permet de produire les sons nécessaires à l'articulation d'un langage oral, complété par l'émission de phéromones et une gestuelle complexe avec les antennes.

 

Si on pourrait penser que cela leur poserait problème pour communiquer, il n'en est rien. Les Myrmes communiques beaucoup, et ont à cœur de se faire comprendre. Ce sont des êtres extrêmement sociaux, appréciant les communautés nombreuses et organisées. Pour ce faire, la clarté de l'expression est capitale. Tout manquement est sévèrement puni, puisque les consignes, lois et règlement sont exprimés et reformulés jusqu'à la compréhension parfaite et identique pour tous les membres de la communauté.

 

Si les Myrmes sont extrêmement habiles et précises dans leurs gestes, iels souffrent cependant d'un corps assez dense et lourd, malgré un exosquelette allégé en proportion des autres Arthropodes. Leurs gestes sont donc vifs, mais leurs déplacements lents, iels sont assez fragiles physiquement et récupèrent lentement de leurs blessures. En termes athlétiques, iels sont plutôt faibles. Une grande volonté, pour ne pas dire ténacité, leur permet d'avoir une endurance raisonnable et de se concentrer longtemps sur la même tâche. Par ailleurs, tout comme les Sauriens, leur endothermie est incomplète, la proximité d'autrui leur permet de maintenir leur température, notamment s'il fait sec ou frais. L'humidité excessive gêne leur communication.

Les Myrmes ont des apparences aussi diversifiées que les Hyménoptères : rayés, unis, poilus, frêles, massifs, écarlates, jaunes, noirs, à motifs...tout est possible, selon l'espèce à laquelle ressemble l'individu.

 

Les Myrmes n'ont quasiment aucun dimorphisme sexuel. Les antennes des mâles sont légèrement aplaties à leur extrémité, tandis que celles des femelles sont plutôt pointues, mais à moins d'être attentif et de le chercher, cette différence est quasi invisible. Les Myrmes peuvent par ailleurs passer de mâle à femelle comme bon leur semble, afin d'équilibrer les besoins de la population. Cette transformation prend quelques semaines, et permet par exemple de repeupler rapidement une communauté en augmentant le nombre de femelles, là où au préalable les couples étaient préférés pour donner les meilleurs soins aux larves. Une Myrme donne naissance à 1 larve à la fois, incapable de se déplacer, qu'il faudra nourrir avant qu'elle ne passe en pupe puis prenne enfin sa forme adulte.

Cette facilité à gérer leur procréation font des Myrmes une des Lignées les plus abondantes sur Kiwandoto, avec les Humains.

Skryx

Les Skryx viennent des Orthopthères, autrement dit des grillons, sauterelles, criquets. Leur morphologie est relativement constante, à part les différences propres à l'espèce modèle de l'individu, mais leur taille particulièrement variable : du bout des antennes au bout de l'abdomen, cela varie de 1m40 à 2m20 selon les individus.

 

Leur thorax est bien vertical, occupant un tiers de la hauteur totale. Il porte une tête mobile posée directement sur lui. La tête arbore deux antennes droites, non-articulées, servant d'ouïes et pour la communication par phéromones. Deux yeux à facettes sur les côtés de celle-ci, souvent complétés de 1 à 2 ocelles au milieux du front, assurent une vision large et détaillée. Comme pour les Myrmes, leur chaine nerveuse est sur le ventre, leur gros vaisseaux d'hémolymphe sur le dos. Les stigmates assurent la respiration et la communication verbale.

 

Les pattes avant sont insérées en haut du thorax, comme des bras. Elles sont apparemment frêles mais ont une forte densité musculaire et sont très sensibles au toucher. Les pattes intermédiaires, insérées à la taille sur l'avant, sont robustes et servent de trépied pour maintenir un position bien verticale du buste. Les pattes arrières, insérées à la taille sur les côtés, sont puissantes et très longues, repliées pour donner une grande capacité de propulsion aux Skryx. L'abdomen, long et couvert par deux ailes coriaces, s'étend en oblique entre ces pattes. Les ailes souples des Orthoptères ont disparu.

 

Cette conformation physique permet aux Skryx d'avoir un corps robuste et solide, tout en étant particulièrement rapide et agile. De plus, iels sont parfaitement endothermes, et leur exosquelette les protège bien des aléas climatiques. Ces facilités et cette endurance leur rend l'aventure et l'exploration moins dangereuse, donc plus facile d'accès que pour les autres Lignées. A l'exceptions des sables et marais, où maintenir leurs appuis est compliqués, les Skryx sont à l'aise partout.

 

Les Skryx communiquent beaucoup par le son, via les stigmates mais également par la musique et les sons produit par le frottement de leurs ailes entre elles et contre leurs pattes arrières. Les phéromones ne sont pas en reste, et la gestuelle des pattes avant est complète. Leurs antennes ne sont en revanche pas mobilisées. Toutefois, comme il leur est relativement facile de se sortir d'embûches, le besoin d'organisation est peu présent. Les Skryx se transmettent le maximum d'informations, et notamment des informations émotionnelles, qui satisfont leur goût de l'exploration, mais n'ont pas une énorme fibre sociale, ou sédentaire. Les petits groupes nomades leur conviennent très bien. D'où leur réputation de volage, d'inconstant et de manque de fiabilité.

 

En même temps, les Skryx s'élèvent en solitaire, sans parents. La femelle Skryx possède un oviscapte permettant de déposer un œuf en terre après la fécondation. A l'éclosion, le juvénile a la morphologie adulte, en plus petit. Seules les ailes pousseront avec la croissance, et leur taille finale indiquera l'âge adulte. Bien sûr, dans une communauté sédentaire, ses parents et celle-ci le prendront en charge, mais pour les nomades, c'est une autre affaire. La femelle pond généralement dans un lieu de passage, et l'enfant est capable de percevoir l'arrivée d'une caravane pour sortir et être pris en charge. Certains n'ont pas cette chance, et devront partir en quête d'un groupe pour apprendre à parler et échanger. Car si les Skryx ne sont pas adeptes des grands groupes sociaux, la solitude les tue aussi sûrement qu'une flèche dans cœur.

Saprosites

Cinq Lombrics ou Annélides géants qui se seraient associés pour imiter un cheval, est la description la plus simple est la plus efficace que l'on peut faire d'un Saprosite. Quatre membres annelés, semblables à des vers gros comme des cuisses humaines et d'environ 70-80cm pour les antérieures, 60-70 pour les postérieures, supportent leur corps : un lombric de près de trois mètres, large comme un poney en son centre, et s'effilant vers les extrémités. La queue pend à l'arrière, en balancier et contrepoids de la tête, qui s'élève jusqu'à environ 1m70 avant de retomber en un visage d'une trentaine de centimètres.

Les Saprosites peuvent se redresser sur leur pattes arrières prenant appuis sur leur queue en formant un trépied avec celle-ci, libérant les pattes antérieures afin de manipuler des objets. Leur extrémité agit comme une sorte de ventouse pour maintenir la prise, tandis que les anneaux autour, musclés de façons très complexe, permettent une manipulation et orientation rudimentaire. Leurs bras peuvent également se faire fins comme un doigt à leur extrémité, pour des touches délicats, mais limités. L'utilisation de leur tête comme "troisième" main est monnaie courante. Ainsi redressés, les Saprosites dépassent allègrement les 2m, touchant facilement aux 2m20. Toutefois, le déplacement est très difficile.

 

Les Saprosites préfèrent les milieux humides, leur peau étant couverte d'un léger mucus leur permettant de mieux respirer et capter les sons et odeurs. Toutefois, comme leur corps est fragile, l'usage de vêtements pour leur tronc, pattes arrières et queue est très fréquent. L'important est de ne pas recouvrir la double ligne de branchies (similaires à celles des arénicoles), qui parcourt leur corps depuis le bas du cou jusqu'au début de la queue et assure l'essentiel de la respiration, donnant l'oxygène directement au vaisseau conducteur principal, dans le dos.

Les Saprosites peuvent articuler des sons avec leur bouche, et communiquent également via des phéromones et odeurs émise par leurs anneaux. La queue, la tête, et les bras en posture redressée, donnent une communication gestuelle.

 

Les Saprosites entendent bien, ont un bon odorat et sentent particulièrement bien les vibrations. En revanche, leur vue est très faible. Quelques anneaux sur leur visage sont photosensibles et leur permettent une vision en noir et blanc, surtout réactive aux mouvements, mais avec un grand champ de vision.

 

Les Saprosites sont bien endothermes, mais la fragilité de leur corps et branchies leur fait éviter le froid, qui pourrait les endommager. Compte tenu de leur respiration assez peu efficace pour leur taille, leurs mouvements et déplacements sont lents, mesurés et calculés. Les Saprosites n'ont que peu voire pas d'énergie à dépenser dans la brusquerie, l'erreur et la précipitation. Ce sont des êtres qui pensent et planifient énormément avant d'agir, et rechignent à la violence, la colère et l’agressivité. En parallèle, leur fragilité les pousse à la méfiance, voire à être craintifs en présence de l'inconnu. Les Saprosites ont besoin d'autres individus pour les protéger et les rassurer. Isolés, iels sont capables de fuir à une vitesse raisonnable sur leur quatre pattes, voire de se défendre avec une force surprenante, mais l'essoufflement est très rapide. Il convient de ne jamais oublier que leur corps, sans os, est principalement constitué de fibres musculaires, denses et capables d'ondulations, contractions, étirements, gonflements, resserrements très complexes, d'une puissances en lien avec leur taille et leur masse. Simplement, cette grande force est utilisée avec parcimonie, eut égard au temps d'usage réduit, pour un long moment de récupération. Ainsi, les Saprosites préfèrent être chaleureux, prudents, accueillants et versé dans l'entraide, plutôt que le conflit et l'action irréfléchie.

 

Le grand avantage des Saprosites est leur alimentation. Iels peuvent manger n'importe quelle matière organique : os, bois, corne, chair, cellulose, chitine et même excréments. Ainsi, les Saprosites peuvent se nourrir des restes non digestes pour leur communauté, voire de leurs déjection. Par ailleurs, leurs propres déjection sont un excellent engrais.

 

La morphologie des Saprosites est très homogène, seule la taille est variable. En revanche, leurs couleurs sont très diversifiées : bruns, rouges, marrons, tigrés, roses, translucides, bleus, verts, le tout unis ou dégradés, cette Lignée à une grande diversité de coloris, et leurs mouvements y créent des variations infinies que ses membres mettent à profit pour la danse et les parades nuptiales.

 

La danse est la forme d'art favorite des Saprosites, où iels excellent. On dit que leur parade nuptiale est l'un des plus beau spectacles de la création, pouvant durer des heures entières. Leurs mouvements lents sont d'une fluidité, d'une douceur et d'une intensité fabuleuses, tout en donnant une sensation de légèreté. Le tout accompagnés de leurs couleurs changeantes. Les Saprosites sont hermaphrodites, possédant un orifice excréteur mâle de chaque côté du visage, à l'arrière, et un clitellum recouvrant plusieurs anneaux de leur cou. Le contact entre les têtes des partenaires assure la fécondation.

Chaque Saprosite pondera alors entre 4 et 8 oeufs quelques semaines plus tard, qu'il lui faudra enterrer et maintenir au frais. De jeunes Saprosites naîtrons quelques mois plus tard, déjà relativement autonomes mais à superviser. A l'adolescence, les orifices mâles apparaissent, puis l'âge adulte est atteint avec le clitellum.

Les Saprosites se reproduisent peu, souvent pas plus d'une fois tous les 4 à 5 ans au minimum. C'est un processus très énergivore, il leur faut très longtemps pour récupérer.

Sylphes

Les Sylphes sont des êtres mélangeant les Lépidoptères (papillons) et les Odonates (Libellules). C'est la Lignée la plus petite, jamais plus d'1m60 ; leurs corps sont fins, élancés, gracieux et vifs. Leur doux visage rond, légèrement triangulaire, possède deux grands yeux à facette obliques, en amende, et est couronné de deux longues antennes souples et poilues, telles celles des papillons. Leur petite bouche contient, outre les pièces buccales, une petite trompe pour les liquides.

Le thorax est allongé, rétréci sous la tête pour former cou mobile. Une paire de pattes servant de bras est accrochée à des épaules délicatement dessinées. Le tronc, c'est à dire le thorax sans le cou, est relativement court, laissant pas loin des deux tiers de la hauteur du corps pour les jambes, issues de la fusion des pattes arrières et médianes. Celles-ci sont très densément musclées malgré leur apparente minceur, donnant aux Sylphes à la fois stabilité et de grandes qualités de saut, accélération et vitesse de pointe.

Pour ajouter à cette mobilité, les Sylphes possèdent deux paires d'ailes, similaires à celles de papillons, qui leur permette de se déplacer en voletant, par bonds successifs de plusieurs mètres, ignorant donc les aléas et dangers du terrain.

L'abdomen des Sylphes est très proche de celui des libellules : long, fin et mobile, assez similaire finalement à une queue qui se terminerait par une pince. Cet abdomen sert de balancier et gouvernail d'appoint pour les déplacements des Sylphes.

 

La grande mobilité des Sylphes, associés à leurs sens très développés, les antennes ayant un odorat et une ouïe très sensible, et leur angle de vue étant large, avec une vaste gamme de rayonnement visible, leur donne des prédisposition pour la reconnaissance, l'observation et la traque. Les Sylphes savent se tenir éloigné du danger comme personne. Iels sentent également très bien les vibrations du sol, permettant de déclencher des réflexes de fuite très rapidement.

 

Mais ces qualités ont un coût : la chitine des Sylphes est extrêmement légère, souple et fine, presque translucide. Cela améliore le sens du toucher et des vibrations et leur permet cette mobilité, avec des inconvénients. Les blessures sont faciles, le moindre choc peut avoir de lourdes conséquences, et de manière générale, leur corps est fragile. Les Sylphes, s'iels s'adaptent facilement à tous les types de milieu, une communauté pour les protéger est nécessaire. Toutefois, les communautés de petite taille ont leur préférence, car les Sylphes aiment à connaître en profondeur les personnes qui les entourent. Par ailleurs, trop d'individus peut brouiller leur sens par une surcharge d'informations, ce qui est désagréable et rend leurs rôles habituels de sentinelles/traqueur beaucoup plus difficile.

 

Comme les Myrmes et Skryx, les Sylphes parlent et respirent via les stigmates, et ont la chaine neurale sur la face ventrale.

 

Socialement, les Sylphes sont très à l'aise et joueurs, voire malicieux. Notamment, pour les enfants, les farces et facéties sont un moyen de développer leurs réflexes et mobilité. Les adultes, maîtrisant mieux la communication sur de nombreux plans (verbales, gestuelle, olfactive...), sont plus friands de jeux de mots, d'humour et de piques, pouvant parfois être blessant, mais sans méchanceté. Cela participer à leur connaissance des autres et à la stimulation de leurs sens. Ce comportement chaleureux et sémillant, associé à la beauté physique réputée des Sylphes, leur donne une place de choix dans les fantasmes et l'imaginaire des habitants de Kiwandoto.

 

Les Sylphes ont une apparence androgyne, et n'ont ni mâle ni femelle. Chaque individu est capable de produire des gamètes indifférenciés. Pour se reproduire, deux Sylphes joignent les extrémités de leurs abdomens, ce qui leur permet d'échanger des gamètes. Un œuf unique sera pondu plusieurs semaines plus tard, par le même orifice. Très petit, il faudra plus d'une année de soins et d'attention pour qu'il éclose en une larve semblable à celle d'une Libellule mais avec les couleurs d'une chenille et déjà les antennes des Sylphes. Après quelques années, la larve de Sylphe tissera une chrysalide, dont elle émergera adulte.

Dryades

Les Dryades sont des créatures anthropomorphes, c'est à dire de stature verticale, avec deux bras et deux jambes et de gabarit similaire aux Humains bien qu'un peu plus grandes, mais végétales. Pour être plus exact, ce sont des arbres et arbustes, avec une morphologie humanoïde.

Les individus de cette Lignées sont tous représentatif d'un arbre ou arbuste (bouleau, saule, merisier, sapin, genêt....), reconnaissable par l'écorce et le feuillage, qui constitue la chevelure des Dryades.

La tête des Dryades porte en effet myriades de petites branches, sur lesquelles poussent des feuilles ou épines propre à leur espèce de référence, sur le sommet, l'arrière et les côté, et même souvent cette branchaison se poursuit sur les épaules et le haut du dos.

Ce feuillage est pérenne et porte en fait beaucoup des sens des Dryades (odorat, ouïe, toucher, vue), en plus de leur permettre de respirer. Le reste du corps des Dryades, couvert d'écorce, va en effet pouvoir ressentir les vibrations, la chaleur et la douleur, mais pas les formes ni les textures, à l'exception des pieds, nécessaire pour le déplacement, qui leur servent également à "goûter".

La chlorophylle des Dryades s'est modifiée pour analyser les longueurs d'ondes et développer une vue assez précise au lieu de la photosynthèse.

Les Dryades ont également une bouche, leur permettant de parler et de s'alimenter. Un cocktail d'acide dissous leur nourriture et amène les éléments nutritifs aux extrémités du corps. Leurs mains et leurs pieds ont un nombre de doigts variable, qui peut même changer au besoin, assurant stabilité et sécurisant les prises.

 

La circulation et les mouvements des Dryades sont assurés par osmose et des cellules de bois souple et contractiles. Leurs mouvements sont précis, mais relativement lents. La souplesse est également limitée, sauf pour les individus basés sur des arbres et arbustes notablement flexibles (certains saule par exemple). Par ailleurs, leur capacité à modifier leur écorce, leur mains et leur bras, dans les grandes lignes, leur permet de n'avoir besoin d'aucune arme pour se défendre : elles sont directement fabriquées sur leurs membres.

 

Les Dryades sont, eut égard à leur bois, des créatures fortes, résistantes et endurantes. Toutefois, la moindre blessure est très longue à guérir, et laissera quasiment toujours une cicatrice, aussi petite soit elle. D'où leur nature très protectrice, aussi bien de leur propre intégrité que de celles de leurs communautés. La difficulté à se remettre des perturbations pousse les Dryades à s'entourer de personnes de confiance, car iels ne peuvent tout simplement pas se permettre de prendre le risque d'une erreur de jugement. Toute blessure a des conséquences fortes. Ce qui est assez contradictoire parfois, car si leur parole est sacrée et qu'iels prennent serments et promesse avec un sérieux frôlant le zèle, les Dryades se ménagent toujours une porte de sorties dans ces promesses et serments, là encore pour éviter un accident. Cette attitude peut être mal comprise par les autres Lignées, qui peuvent voir les Dryades comme des personnes jouant sur les mots, la diplomatie et manquant de sincérité.

 

Les Dryades n'ont visuellement aucun dimorphisme sexuel, et peuvent être mâles, femelles, ou hermaphrodites, selon leur arbre ou arbuste de référence. Au niveau de l'aisne, des aisselle, des mains, pieds et du coup, sous l'écorce, sont cachés des bourgeons floraux. Pour s'accoupler, les Dyrades libèrent et ouvrent ces bourgeons floraux, pour les faire se rencontrer, dans un échange tactile et olfactif. Une Dryade femelle ou hermaphrodite dont les pistils ont été fécondés aura quelques fruits qui pousseront dans son feuillage au bout de quelques mois. Les graines de ces fruits récoltés, mis en terre et correctement traités pourront donner naissance à une jeune pousse qui, après quelques années, sera capable de bouger, parler et de se déplacer, atteignant ainsi l'âge adulte. Les Dryades copulent très fréquemment, mais leur fertilité est très faible. Et même si des fruits apparaissent, peu donneront une pousse, et là encore, la mortalité des pousses est élevée. Au total, une Dryade femelle ou hermaphrodite aura rarement plus de 3 ou 4 enfants qui atteindront l'âge adulte, et combien meurent avant d'avoir pu se reproduire....

Hanabi

Si les Dryades représentent les arbres et arbustes, les Hanabi en sont le pendant herbacé. Des herbes à fleurs, y compris donc les bananiers, palmiers et bambous.

Les Hanabis mesurent facilement 1m80-90, leurs corps sont élancés et fins. Le sommet de leur tête est toujours en fleurs, les pétales, ou les multiples fleurs pour les Hanabis ayant pour modèles des plantes portant plusieurs fleurs (carottes, pâquerettes....), cascadant de celui-ci sur une bonne partie du tronc, ou plutôt de leur tige, comme une chevelure. Cette couronne leur sert d'ouïe et d'odorat, en plus d'organe reproducteur.

Le visage des Hanabis possède deux yeux, longs, effilés et monochromes ainsi qu'une bouche faite de trois fentes verticales pour parler. Sous la tête, le tronc est régulier, typé par leur herbe de référence. A mi-hauteur, c'est à dire au niveau de la taille, s'insèrent les feuilles, longues comme la moitié de leur corps.

Ces feuilles sont sensibles au toucher, deux d'entre elles vont servir de bras extrêmement flexibles, qui pourront saisir et manipuler des objets à l'aide de minuscules crochets et poils gluants, un peu à la manière des graines de bardanes. Le contrôle de ces petits crochets et poils assure une manipulation relativement précise et fine des objets. Eut égard à la longueur de leurs bras, les Hanabis ramassent sans se pencher les éléments au sol, mais ne peuvent pas porter quelque chose au-dessus de leur tête.

Les autres feuilles couvrent leurs jambes, extrêmement nombreuses car faites d'une multitude de racines bougeant de concert pour assurer la mobilité. Les Hanabis se déplacent ainsi facilement sur les terrains accidentés, mais ne sont pas très à l'aise pour sauter. Ces jambes permettent également aux Hanabis de "goûter" le substrat sur lequel iels se tiennent, bien que leur sens du goût n'ai rien à voir avec celui des autres Lignées, étant la seule lignée autotrophe.

 

Les Hanabis se nourrissent en effet de soleil, d'eau et des éléments minéraux présents dans le sol. N'ayant besoin de rien d'autre, cela leur permet de ne pas être un poids alimentaire pour leur communauté, même si de nombreux jours sans soleil ou pluie pourront leur porter préjudice. Les Hanabis préfèrent donc les environnements avec un sol assez profond, sans trop de cailloux ou de sable, et idéalement frais voire humide, où leur jambes pourront se planter facilement pour se nourrir.

Les Hanabis sont extrêmement souples et peuvent se contorsionner dans des positions incroyables. Leur force physique et tout à fait raisonnable pour leur taille, et leur robustesse bien supérieure à ce que pourrait laisser croire l'apparente minceur de leur corps. Les Hanabis supportent plutôt bien le stress, les blessures et les perturbations de toutes sortes. Toutefois, leur endurance est très faible, iels ne peuvent que difficilement maintenir une activité physique prolongée.

 

Les Hanabis sont des êtres plutôt sociaux et ouverts, qui communiquent facilement. Toutefois, leurs besoins étant très différents de ceux des autres Lignées, la compréhension n'est pas toujours aisée, et les communautés composées exclusivement de Hanabis sont loin d'être une exception. Il faut ajouter, comme facteur aggravant, une sorte de culpabilité que les Hanabis ressentent vis à vis de la disparition des abeilles, bourdons, papillons et autres pollinisateurs stricts. En effet, les Hanabis sont des fleurs, parmi les rares fleurs de Kiwandoto. Par ailleurs, contrairement aux Dryades, iels sont toujours en fleurs et accessibles. Mais cela fait bien longtemps que leurs glandes à nectar ont disparu, et que leur pollen n'est pas comestible pour qui que ce soit. Beaucoup ont essayé de sauver ce qui restait des pollinisateur, mais en vain. Les Hanabis se sentent souvent coupables et sont nostalgiques de ces animaux qui virevoltaient autour d'iels avant la Rupture.

Tout comme les Sylphes, les Hanabis sont souvent l'objet de fantasmes. Dans les deux cas, cela est favorisés par leurs corps vus comme harmonieux et beaux, et les riches couleurs et motifs qui les orne. Pour les Hanabis, en revanche, c'est le côté distant, inatteignable et rare qui attise le désir.

 

Le dimorphisme sexuel est absent chez les Hanabis. L'oeil attentif ou les connaissances en botanique permettront de repérer si les fleurs portent pistils, étamines ou les deux, mais à part cela, aucune différence physique n'est à noter. Les Hanabis sont mâles, femelles ou hermaphrodites, en fonction de leur plante de référence. Les échanges de gamètes se font par le contact direct entre les chevelures des partenaires. Si des pistils sont fécondés, les fleurs se transformeront en fruit. Pendant cette période, la Hanabi femelle ou hermaphrodite est donc essentiellement sourde et sans odorat. Une protection est donc nécessaire, les Hanabis en fruit doivent être accompagnées, soutenues pendant les quelques semaines que durera cet état. Les fruits tomberont où s'ouvriront, donnant des graines qui pourront éventuellement germer et donner naissance à de nouveaux individus. Le processus est beaucoup plus rapide que chez les Dryades, mais les taux de fécondité, de germination et de mortalité infantile sont encore pires, aussi les Hanabis n'hésitent pas à faire plusieurs portées par an. Même ainsi, leur population peine à se maintenir...

Mycons

Les Mycons sont des créatures basées sur le règne fongique, et ce sont certainement les plus étranges de toutes les Lignées de Kiwandoto. Le règne des champignons est extrêmement complexe et riche, et les Mycons en sont un exemple frappant. Chaque individu Mycon n'est pas unique, mais plusieurs. Son corps est un agglomérat d'une myriade d'organismes fongiques, chacun spécialisé dans une fonction : mouvement, peau, vue, ouïe, différentes étapes de la digestion, structure... Un peu comme si, dans un organisme plus commun, chaque organe était un organisme à part entière, mais coopérant avec les autres.

Ainsi, les Mycons parlent au nom de tous les organismes qui les composent, et chaque décision est en accord avec les autres. Ceci dit, il semble qu'un champignon soit dédié à la réflexion, et que la plupart des décisions soient prises sur sa suggestion, qui doit être approuvée par les autres.

 

En plus de cette mentalité atypique, les corps des Mycons sont d'une richesse et d'une diversité époustouflantes : spongieux, poilus, sec, moites, doux, rugueux, boursoufflés, à lamelles, lisse, rouges, verts, blancs, noirs, gris, jaunes....toute la diversité du règne fongique peut se manifester dans leur apparence, et comme les Mycons sont des colonies, d'une partie du corps à l'autre, l'allure peut être celle d'un champignon différent. On a seulement quelques constantes : deux bras et deux jambes relativement longs, une posture presque verticale, plutôt voûtée, et un piléus (chapeau de certains champignon) sur la tête. Là encore, avec toute la diversité possible de cet organe.

 

A part le toucher et le goût, qui sont supérieurs à la moyenne, les Mycons ont des sens assez faibles. Cela les conduits à être précautionneux et prudents dans leurs gestes, en lien avec leur décision collective. Iels sont en revanche très précis dans leurs actions. Il leur faut du temps, mais ce qui est accomplis le sera toujours correctement. Les Mycons sont faibles physiquement, leurs déplacements s'effectuent essentiellement en glissant leurs jambes au sol. Sauter, grimper, et toute activité athlétique leur est difficile.

Pour autant, les Mycons encaissent très bien les chocs, ne se fatiguent presque jamais et se remettent très vite de leurs blessures, à l'exception des coupures. En plus de cela, leur système immunitaire unique les immunise totalement aux maladies, poisons, venins et autres toxines attaquant les autres Lignées.

 

Les Mycons ont une préférence pour les milieux frais voire humides, avec peu d'exposition à la lumière. Le soleil est vite dommageable pour leur peau, est comme le toucher est leur sens principal, maintenir leur corps humidifié est vital pour eux.

 

Socialement, les Mycons sont à l'aise dans des communauté nombreuses, préférentiellement sédentaires. Iels savent reconnaître les qualités et compétences de chacun, écouter les besoins des autres même s'ils sont difficilement compréhensibles parfois, et surtout, les Mycons traitent tout un chacun avec équité, la même attention et le même respect. Cette attitude en fait des diplomates et leaders de qualités, et les communautés possédant des Mycons en leur sein ont effectivement tendance à mieux s'organiser et survivre que les autres. Cela n'est pas surprenant, après tout la prise en compte de différent organismes et la coopération est la base de raisonnement, de fonctionnement même, des Mycons.

 

La reproduction des Mycons est un autre phénomène unique à leur Lignée. Chacun des organismes de la colonie produit des gamètes, qui sont envoyés dans de piléus du Mycon. De là, ils sont éjectés sous forme de spores et déposés dans un endroit frais, si possible avec de la matière organique morte. Ces sacs de spores contiennent des gamètes de 1 à 16 types différents, selon la diversité produites par les organismes du Mycon d'origine. Lorsque ces spores entrent en contact avec d'autres spores, produits par d'autres Mycons (pas nécessaire un unique individu), les gamètes compatibles fusionnent et donnent naissance à une nouvelle colonie d'organismes Mycon, composée de ceux dont les gamètes ont pu trouver partenaires. A la base, cela sera essentiellement un mycélium se nourrissant du substrat. Cette colonie, Mycon juvénile, sera élevée par l'ensemble des parents Mycons ayant participé à sa formation, l'autonomie étant atteinte lorsque l'individu se détache du mycélium. Cela prend entre six mois et un an selon la richesse du substrat. L'âge adulte est atteint avec l'ouverture du piléus.

Trolls

Le corps visible des Trolls n'est en fait pas vraiment l'être vivant Troll. Les Trolls sont de taille moyenne, environ 1m65-70 en partant du sommet de leur tête conique. Le quart inférieur de cette tête est inséré sur un corps presque sphérique, d'où partent deux cylindres articulés pour les jambes courtes et sans pieds (un quart à un tiers de la hauteur totale), et deux autres de même longueur pour les bras, eux-mêmes terminés par des mains portant un nombre de doigts variable. Toute cette enveloppe externe est faite de pierres, de cailloux, amoncelés ou d'un seul bloc. Aux articulations, ces matériaux font place à des sables et graviers. Cette allure presque comique, d'armure de pierre est effectivement une enveloppe protectrice pour la véritable chair, la substance Troll.

 

A l'intérieur de cette armure, pousse un lichen qui maintient la cohésion de ces roches, les articule et les met en mouvement. Les Trolls sont des lichens qui construisent leur corps en agrégeant, creusant, collant et colonisant des pierres, un peu comme les larves des Trichoptères (portebois) construisent leurs fourreaux de graviers au fond des rivières.

 

Chaque portion du lichen Troll est spécialisée : par endroits le Troll est contractile, permettant le mouvement. Dans le corps, il est capable de digérer les aliments via des sucs et acides, et de les broyer finement pour achever la mastication initiée dans la bouche. Sur la paume des mains, le lichen se fait apparent, pour assurer un sens du toucher et une préhension légèrement collante. Plusieurs dépression sur la tête permettent au lichen de sortir également tout en étant relativement protégé par cette cavité. C'est là que l'on aura les réceptions sensorielles : au moins deux pour la vue et autant pour l'ouïe et un pour l'odorat. La disposition et le nombre de ces récepteurs peut varier selon les individus, mais on aura comme constantes : de chaque côté de la tête pour les ouïes et vers l'avant pour les yeux. Les Trolls ont une vision et une ouïe assez rudimentaires, mais leur odorat, leur toucher et leur sens des vibration du sol sont excellents. Pour ce dernier sens, les Trolls sont peut-être la Lignée la plus sensible, avec les Saprosites.

 

Les mouvements des Trolls ont une allure gauche, maladroite, gourds, ce qui ajoute à l'effet quelque peu comique de leur apparence. Toutefois, ce manque d'agilité et de coordination est compensé par une grande souplesse et une force impressionnante. Après tout, iels n'ont pas d'os et leur exosquelette de pierre est malléable. Par ailleurs, l'intérieur de leurs membres étant faits quasiment exclusivement de cellules contractiles (pas d'os, de fascias, d'épiderme, de graisse), ce n'est pour ainsi dire, que du muscle et de la pierre. Leur puissance brute est donc au-dessus de ce qu'on peut attendre de leur gabarit, et leur corps entier est une arme naturelle.

Leur endurance et résistance aux coups, chocs et autres agressions sont bien entendu également impressionnantes, eut égard à leur nature. Comme les Myrmes malheureusement, iels guérissent très lentement, ce qui explique leur propension à éviter les conflits. Même si on domine son adversaire, un mauvais coup est toujours possible, et réparer leur squelette de pierre prend très longtemps, d'autant qu'il leur faut d'abord attendre que leur chair, le lichen, guérisse.

 

Les Trolls ne sont donc pas extrêmement athlétiques ou aventureux, bien qu'en cas de danger, iels peuvent se rétracter dans leur cocon de pierre et ainsi se camoufler en un simple tas de cailloux. Cela en fait des sentinelles tout à fait appréciables car discrète, et la perte de leur vue et ouïe ne les gêne pas vraiment. D'autant que dans cet état, leur odorat et leur sens vibratoires sont toujours fonctionnels, presque complètement.

 

Les Trolls apprécient particulièrement les milieux rocheux et rocailleux. Les bords de mer et rivières, riches en sables et pierres de toutes tailles sont très appréciables, d'autant que le milieu aquatique n'est pas très problématique pour eux. Sans être amphibie comme les Sauriens, les Trolls peuvent régler assez facilement la quantité d'air dans leur corps, leur permettant de moduler leur profondeur voire de marcher au fond de l'eau.

 

Socialement, les Trolls ont une réputation de tête dure, d'avoir une grande résistance au changement et de friser l'obstination bornée. Leur corps ne se modifiant quasiment pas de leur vie, sans perte ni gain ni mue ni squame, l'évolution et le changement de cap sont des notions qui leur sont difficiles à appréhender. Pour autant, une fois le changement acté, iels vont être capable de s'adapter aux nouvelles situations avec rigueur, exactitude et finesse. Il faut du temps pour les mettre en mouvement, mais une fois cette marche passée, les Trolls vont agir comme les lichens : éprouver, tester, apprendre et épouser leur lieu de vie jusque dans les moindres détails, trouver toutes les failles et difficultés, les explorer complètement afin de les combler dans la certitude que cela ne se fissure pas après. On comprend alors bien qu'après tant de temps et d'énergie déployées pour maîtriser une situation, la modifier leur apparaît toujours comme contre productif.

 

Pour se reproduire, les Trolls n'ont pas de sexualité à proprement parler. Deux Trolls ou plus vont décider de s'associer pour créer un nouvel individu, en mettant en commun des morceaux de leurs lichens. Ces boutures, déposées sur un tas idoine de roches, gravas, sables et cailloux, vont fusionner pour donner un nouveau lichen unique. Il lui faudra un peu plus d'un an pour se forger un corps à partir du monticule laissé par ses parents, qui sera complété selon les besoins de sa croissance. Ce corps de taille réduite dans un premier temps, mais en quelques années, la taille adulte sera atteinte.