Où est la Rupture ?

Dans l'environnement, la Rupture est partout.

C'est elle, après tout, qui gouverne désormais le climat par ses caprices, sautes d'humeurs et catastrophes.

La Rupture est la vie quotidienne de tous les habitants de Kiwandoto. Si elle n'a pas de présence tangible en tant que tel, elle est tellement omniprésente qu'elle en devient personnifiée.

 

Enfin, pas de présence tangible...à part les Chimères et les personnes qu'elle ronge. Chez elles, la Rupture prend forme, se cristallise, a une réelle substance et apparence.

Les Chimères

Les Chimères sont aisément reconnaissables à deux choses :

- le sillage de destruction qu'elles laissent derrière elles. Elles ne sont en effet, pour la plupart, mues que par une folie destructrice et suicidaire, une rage qui les pousse à tuer et abattre tout obstacle sur le route où à mourir en essayant. Même pour s'alimenter, elle s'arrêtent rarement et meurent fréquemment de faim ou d'épuisement. Exception potentielle pour la reproduction avec un partenaire. Potentielle. Les plus faibles, quand elles appartiennent à la même espèce, peuvent toutefois s'allier pour agir en bandes, devenant ainsi aussi dangereuses que les plus grosses Chimères.

- leur corps marqués par la Rupture : des taches sombres veinées d'éclats violacés, brillant sous la lumière d'un reflet cristallin.

 

Le corps d'une Chimère est totalement impropre à la consommation. Toutefois, leurs cadavres sont des ressources vitales pour la survie, permettant la confection de protections et armes en chitine, exosquelettes ou la construction des maisons et tentes pressurisées. Généralement, elles sont récupérées sur les carcasses de Chimères mortes de vieillesse, de faim, fatigue ou de la "main" d'une autre Chimère. Exceptionnellement, sur des cadavres que des habitants ont réussis, via force stratégie, ingénierie, pertes humaines et nécessité, à tuer.

Manipuler et travailler ces ressources demande de grandes précautions pour ne jamais entrer en contact direct avec eux, au risque d'être Rongé. On utilise donc des instrument inertes pour les ramasser, recouvrir et manipuler, les éléments inertes ne pouvant pas être touchés par la Rupture. Mais même ainsi, on n'est jamais totalement à l'abri...

Les Rongés

Certaines personnes sont marquées par la Rupture, sans être des Chimères. Elles gardent leur conscience, leur langage, leur habilité...mais la Rupture s'est posée sur eux. On les appelle les Rongés, car quoi qu'il arrive, la Rupture rogne leur être petit à petit.

 

On peut devenir Rongé de plusieurs façons :

 

Physiquement

- manger de la chair d'une Chimère. Normalement, aucun être sain d'esprit ne fait cela, la chair des Chimères étant potentiellement toxique, en plus de porter la Rupture. Mais parfois, la nécessité fait loi...

- être blessé par une Chimère. Il faut toutefois survivre à la confrontation. Toutes les plaies ne s'infectent pas forcément de la sorte, il s'agit d'une Intempérie que le MJ peut déclencher s'il le souhaite...

- être en contact avec un Rongé. En particulier, la-les partie-s contaminée-s. Il s'agit là encore d'une Intempérie.

 

Les parties du corps des Rongés touchées par la Rupture prennent une teinte sombre, violacée, un aspect vitreux voire cristallin et peuvent sembler comme poussiéreuses au toucher.

 

Spirituellement/Mentalement

- par choix. Le pouvoir de la Rupture peut être tentant. Ou ressenti comme une nécessité. Certains décident de faire appel à elle. Oh, une fois dans sa vie n'est pas bien grave en général, mais la Rupture est comme une drogue : une fois acceptée, il est facile de faire à nouveau appel à elle. C'est exactement ce qu'il se passe lorsqu'une personne renforce son d'Anathème. A ce moment, pendant un instant d'autant plus long qu'elle a d'Anathème, des sortes de tatouages violacées apparaissent sur sa peau, puis disparaissent.

NB : ce mode de contamination est peu fréquent chez les personnages non-Gardien/Prêtresses, mais pas impossible.

 

Lorsque l'Anathème dépasse l'Essence, ces tatouages et marques restent, et la personne devient définitivement un-e Rongé-e.

Comment se répand la Rupture ?

Les Chimères et Rongés, en transportant la Rupture avec eux, sont les principaux vecteurs de celle-ci.

 

Expansion Physique

La Rupture physique est une marque, une nécrose selon certains, qui grandi à chaque changement de masse saisonnière et à chaque fois que la personne est confrontée à une Intempérie.

Il n'y a actuellement aucun moyen de prévenir cette expansion. Les personnes ayant une forte harmonie intérieure peuvent parfois repousser la Rupture, retarder son expansion voire la vaincre, mais c'est un exploit qu'on ne produit pas deux fois dans une vie.

Mécaniquement, il s'agit de Blessures, notées donc sur la Vitalité de manière spécifique. A la contamination, la victime subit 1 Blessure par point d'écart à la Difficulté de l'Appel pour y résister. Les Blessures dues à la Rupture sont toujours notées en une seule fois, depuis la première case d'Indemne.

A chaque Intempérie et chaque changement de masse saisonnière, la Rupture entrant en résonnant avec sa propre marque, la victime prend 1 Blessure supplémentaire de la Rupture.

Si, par miracle, une victime peut dépenser suffisamment d'Essence pour annuler toutes les Blessures dues à la Rupture, elle est alors guérie, la Rupture ne progressera plus. Pour cette fois...

 

Lorsque la Rupture physique amène une victime dans l'état Mourant, c'est-à-dire que toutes les cases du Niveau de Santé Blessé Critique sont remplies, elle se décompose et quitte l'univers connu, effaçant toute trace de sa présence sur Kiwandoto, tous les souvenirs liés à son existence dans les mémoires de ceux qu'elle a connu. Le monde se reforme pour prendre en compte qu'elle n'a jamais existé : ses enfants deviennent les enfants d'autrui, ses réalisations disparaissent ou sont modifiées pour que leur paternité revienne à d'autres, etc... Le processus n'est pas instantané et peut durer plusieurs jours, pendant lesquels l'entourage a conscience d'oublier petit à petit la victime.

On comprend dès lors que pour les victimes et les proches des Rongés, il est préférable et plus miséricordieux de recourir à l'euthanasie, dès lors que la Rupture est proche d'emporter sa proie.

 

Il existe toutefois une autre voie pour échapper à ce sort funeste : accepter la Rupture en soi. Une personne qui accepte volontairement que la Rupture physique la Ronge supprime toutes les Blessures qu'elle lui a infligées et la marque ne progresse plus. Visuellement, le corps est toujours marqué, rongé à ces endroits. Toutefois ce n'est plus douloureux, ni engourdi, paralysé ou autre sévisse que Rupture infligeait. Souvent, la marque cristallise même, donnant quelques bouquets de cristaux mauves sur le corps de ceux et celles qui l'épousent. La Rupture pourra lui octroyer des capacités physiques surnaturelles, comme d'avoir des ailes, développer une force titanesque, résister à des impacts mortels ou à des chutes dantesques...

Cela signifie en revanche qu'elle s'est entièrement reniée, devient tout ce qu'elle haïssait et rejette tout ce qu'elle aimait : elle doit rechercher en permanence son Anathème pour assouvir la soif de la Rupture. Ceci est nécessairement et forcément profondément traumatique, car l'abandon doit être sincère et total, mais la nature de l'âme elle, ne change pas.

La personne n'est plus ce qu'elle était, tant physiquement que moralement. Cela se reflète dans chacun de ses actes. Son Ectoplasme et son Fantasme sont désormais marqués par la Rupture.
Elle ne pourra jamais se réincarner, son Ectoplasme et son Fantasme ne laisseront aucune trace dans le Rêve et elle ne pourra pas devenir un Fantôme une fois passée de vie à trépas. Elle a, après tout, renié le monde.

Si son Essence devait à nouveau dépasser son Anathème, elle disparaitrait comme les Rongés ayant refusé la Rupture. La Rupture ne pardonne pas à ses parjures.

Expansion Mentale

Dans le cas de la contamination mentale, l’expansion est plus discrète. En effet, seule la durée d'apparition des marques sur le corps lors du recours à l'Anathème augmente, tant que la transformation n'est pas effective.

La seule façon de voir qu'une personne est marquée mentalement par la Rupture est d'observer sa Ectoplasme ou son Fantasme dans le Monde Spirituel. Ici, la Rupture est apparente. Au contraire des marques physiques, qui n'apparaissent pas dans le Monde Spirituel.
La compétence Féérie permet de repérer ces éléments de Rupture, si on n'a pas encore accès aux Sortilèges de type Psychée ou Rêve.

 

Tant que l'Essence dépasse l'Anathème, ces marques ne sont pas dangereuses, juste un memento des erreurs de parcours de la personne. Elle n'en reste pas moins Rongée.
En revanche, si l'Anathème dépasse l'Essence, la personne s'est désormais parjurée.

La "victime" devient exactement la même chose qu'un Rongé physique, à ceci près que la transformation n'est pas traumatique. Après tout, elle a déjà renié d'elle-même sa nature pour en arriver là.
A partir de là, les tatouages sur son corps deviennent permanents. Elle gagne, en plus des pouvoirs physiques permis par la Rupture, des capacités mentales/spirituelles liées à celle-ci. D'aucuns disent même que certains Rongés commanderaient aux Chimères...

Par ailleurs, là où les marques de ceux qui acceptent la Rupture dans leur corps peuvent être disgracieuses voire encombrantes, celles de ceux acceptant la Rupture dans leur âme restent de simples tatouages.

 

Pour les Rongés mentaux, la mort implique la même fin que pour les Rongés physiques. Le parjure implique le même châtiment, associé à une éternité de douleur : le corps, intangible, reste là où il était lors du parjure, dans une expression de souffrance extrême. A sa place dans le Monde Invisible, on ne trouvera qu'une sorte de vide violacé hurlant, tourbillonnant sur lui-même et se tordant dans des spasmes erratiques.

Comment vaincre la Rupture ?

Il n'y a pas de solution miracle.

Ou plutôt, c'est pour cela que les Gardiens et Prêtresses d'ESPRI existent : trouver un moyen de la vaincre.

 

Mais personne ne connaît la recette, le protocole, la méthode. Ni même s'il existe un tel moyen.

 

A ESPRI, les Gardiens et Prêtresses reçoivent les armes et connaissances pour la combattre et l'appréhender, mais surtout pour aider les habitants de Kiwandoto à y survivre, à le reconstruire.

Ce sera à eux, cependant, de définir comment agir, en suivant quelle philosophie, et dans quelle finalité.

 

C'est tout le but de ce jeux de rôles.